L’importance de liens sociaux -
Date :
2008-07-06
Pour ce bulletin d’information, j’aimerais prendre un moment pour discuter de l’importance de liens sociaux forts. On pense depuis longtemps que les amis proches et la famille peuvent aider à atténuer l’impact du stress ou d’autres influences négatives dans la vie d’une personne et un bon nombre de preuves scientifiques solides viennent appuyer cette croyance bien ancrée.
J’ai trouvé particulièrement intéressante une étude qui date de quelques années et qui examinait l’effet produit sur la réduction de la sensation de stress quand vous tenez la main de quelqu’un que vous aimez. Cette expérience a été menée en utilisant la technique de l’imagerie par résonnance magnétique ainsi que les réponses personnelles écrites des participants. L’imagerie par résonnance magnétique fonctionnelle (IRMf), plus communément appelée imagerie cérébrale ou scanographie du cerveau, est une façon de prendre des «photographies» des parties du cerveau qui sont activées en tout temps et c’est l’un des outils centraux des études modernes qui se concentrent sur l’activité cérébrale. Quand c’est possible, comme dans cette étude, on demande souvent au participant de fournir des réponses écrites ou verbales sur comment ils se sentent à un moment donné de sorte que cet ensemble d’informations supplémentaires peut être combiné aux résultats du scanner (espérons dans le sens des résultats du scanner).
Dans cette étude, les chercheurs ont trouvé seize couples mariés dans et à l’extérieur de la région du Grand Madison, au Wisconsin. Ils ont en particulier cherché des hommes et des femmes qui étaient engagés dans une relation forte et ont utilisé des tests standardisés appelés Échelle d’ajustement dyadique (Dyadic Adjustment Scale, ou DAS; dyadique faisant référence au couple). L’échelle d’ajustement dyadique comprend 32 mesures de l’ajustement des relations. L’échelle est fiable et a été utilisée dans beaucoup de recherches avec une grande diversité de couples (mariés, cohabitants, homosexuels, divorcés). Ainsi tous les couples participant à cette étude avaient ce qu’on pouvait considérer un mariage au-dessus de la moyenne, au moins en autant que ces tests peuvent l’indiquer (je reviendrai sur ce point intéressant plus loin).
On a amené les couples dans le laboratoire où on a branché chaque femme à l’équipement de scanographie cérébrale et on lui a demandé de regarder l’écran sur lequel différents symboles apparaissaient de façon aléatoire, encore et encore. L’un des symboles, un symbole de «menace», s’affichait périodiquement pour signaler un 20% de probabilité que le sujet reçoive un petit choc électrique à la cheville. Chaque femme a effectué trois séries de tests de ce processus stressant où dans un cas elle tenait la main de son conjoint, dans l’autre cas, la main d’un homme qu’elle ne connaissait pas et qu’elle ne pouvait pas voir (de l’autre côté du tableau ou du rideau) et dans la troisième série de tests, il n’y avait personne près d’elle pour la réconforter. Durant tout ce temps, son cerveau était branché à l’appareil IRMf et, entre les présentations de symboles, elle remplissait également un questionnaire sur ses sentiments personnels à ce moment-là .
Comme on s’y attendait, quand on lui a montré le symbole de menace, des parties du cerveau associées à la douleur, l’inconfort et la nervosité se sont activées tout comme certaines parties liées aux réactions physiques au stress (tension des muscles, par exemple). Les réponses écrites données par les participantes disaient pour la plupart qu’elles se sentaient beaucoup plus détendues quand avec leur conjoint, mais qu’elles ne se sentaient pas tellement réconfortées par l’étranger. Ceci est vraiment intéressant quand on compare les résultats du scanner du cerveau, qui montrait qu’en fait bien que tenir la main du conjoint ou de l’étranger avaient tous deux un effet sur la réduction de l’activation dans les parties du cerveau associées aux réactions physiques au stress, seule la présence du conjoint causait une réduction significative dans les parties clés du cerveau qui régulent une réponse émotionnelle négative. Encore plus intéressant, plus le résultat du DAS était élevé, plus l’effet tampon de la présence du conjoint était prononcé, indiquant un bienfait réel et observable d’une relation maritale forte sur la santé émotionnelle et la réponse au stress dans le cerveau.
Ceci n’est qu’une étude parmi une multitude de publications montrant que toutes formes de relations et d’amitiés fortes, positives, pas seulement le mariage, peuvent avoir un effet positif sur votre gestion du stress.
On peut trouver l’étude complète « Lending a hand : Social Regulation of the Neural Response to Threat » de James A. Coan, Hillary S. Schaeffer, et Richard J. Davidson sur le site web des chercheurs ici (Adobe Acrobat nécessaire).
http://psyphz.psych.wisc.edu/web/pubs/2006/CoanLendingPsychSci.pdf |